Katell : A l'affiche
Accueil : A l'affiche : Cinéma Dernière mise à jour : 31-10-2000
A l'affiche
A la télé, et au ciné...
Tout nouveau tout chaud : X-Men, et ne manquez pas non plus l'excellent High Fidelity ou, pour le fun, 60 secondes chrono...
 
Et aussi : à ne pas manquer à la télé... (en anglais)
 
Critiques :
X-Men
60 secondes chrono

High Fidelity
Frequency
Return to Me
Saving Grace
Final Destination
Gladiator
 
 
Très bientôt :
Snatch
Shangai Noon
 
 
[What's On : version anglaise de cette page]
 
Billy Elliot

Billy Elliot, 11 ans, vit dans le Nord de l'Angleterre, avec son veuf de père, son andouille de grand frère Tony et sa grand-mère qui perd la boule. Nous sommes au début des années 80, et les mineurs affrontent la police de Margaret Thatcher quotidiennement. Le père et le frère de Billy ont du mal à joindre les deux bouts alors que la grève des mineurs fait rage, mais parviennent toutefois à payer les 50 pences de la leçon hedbomadaire de boxe de Billy. Mais voilà... Billy est nul en boxe et découvre bientôt une fascination pour le monde étrange et nouveau du cours de danse de Mme Wilkinson. Sans en souffler mot à quiconque, il décide de donner les 50 pences à son nouveau professeur qui voit en Billy un potentiel immense, et abandonne ses gants de boxe pour des chaussons de danse.

Bien sûr, la toile de fond de l'histoire et son contexte socio-politique ne sont pas sans rappeler d'autres films britanniques récents tels que Les Virtuoses et le Full Monty. Mais le film n'insiste heureusement pas pas trop sur ce côté. It doesn't overplay this side however, and it's a good thing. Although the dramatic social crisis is omnipresent in the story, it is subtlety woven into the plot and make Billy's story even more enticing. The film cleverly avoids the clichés, painting portraits of simple but honest and good people, that do not beat up their children even when they find them dancing at night in an empty gym with friend Michael dressed in a bloody tutu, and are even ready to make the ultimate sacrifice to see their little boy's dream come true.

Supported by a wonderful and solid cast (Julie Walters and Gary Lewis), Jamie Bell as Billy simply shines and switches in the blink of an eye from the quiet and sometimes grumpy boy, the loving son and grandson, to the passionate dancer or the disarmingly honest and cheeky pupil. And his dancing ain't bad either. Billy basically wants to be left alone. He doesn't want to be a boxer, or a miner, and although he likes ballet, he's not gay either, contrary to his best bud Michael (wonderfully played by young Stuart Wells). Billy just wants to dance, really, and wouldn't mind going to the Royal Ballet Academy although his thick Northern accent and his lack of refinement do not make him the ideal candidate.

Very well written, with very funny but also very touching scenes, Billy Elliot is a must-see, and I wouldn't be surprised if the movie got an Oscar nomination comes the new year. A very nice treat.

The official site is quite nice for a British film - but then again, it is distributed by Universal...

Dancer in the Dark

Le réalisateur danois Lars von Trier frappe encore : après le magnifique Breaking the Waves et le controversé Les Idiots, il nous livre un autre film bourré d'originalité. Palme d'Or à Cannes cette année, Dancer in the Dark raconte l'histoire de Selma (Björk), une immigrante tchèque dans les années 60 aux Etats-Unis qui trime jour et nuit pour payer l'opération qui sauvera la vue de son fils. Car, comme elle, il est atteint d'une maladie qui le rendra aveugle à l'âge adulte. Selma, quant à elle, est sur le point de perdre complètement la vue, mais rien ne la distrairera de son but, pour lequel est elle prête à faire l'ultime sacrifice...

Dans le monde gris et triste du travail en usine, Selma s'échappe grâce à son imagination débordante et son amour infini des comédies musicales ; chque son, chaque grincement de machine se transforme alors en numéro de cabaret où les ouvriers se mettent danser et à chanter avec elle, devenue soudain la star bien voyante du spectacle. Son monde bascule toutefois dans la tragédie lorsque son confiance mal placée dans un autre être humain désespéré la précipite dans un piège dont elle ne pourra et ne voudra pas s'échapper.

Dancer in the Dark n'est pas une comédie musicale comme les autres. Le style original de Trier associé au talent musical unique de Björk sont ici combinés en un film tantôt déprimant, tantôt enlevé, mais toujours surprenant, et plus proche des œuvres les plus sombres de Jacques Demi que de Chantons sous la pluie ou même du clip "So quiet" de Björk elle-même. Le film ne plaira pas à tout le monde, et la dernière partie est carrément dure à regarder, mais l'originalité de l'œuvre en vaut la peine... sans parler des performances de Björk (prix d'interprétation féminine à Cannes) bien sûr, mais aussi de superbes acteurs secondaires, parmi lesquels Catherine Deneuve (qui retourne à la comédie musicale des années après Les Parapluies de Cherbourg, autre Palme d'Or), Jean-Marc Barr (abonné des films de Trier), et l'excellent David Morse.

Ne vous attendez pas à voir La Mélodie du Bonheur (encore que...) mais laissez-vous tenter.

X-Men

Dans un futur proche, la guerre est sur le point d'éclater entre les mutants et le reste de l'humanité. On nous explique bientôt que les mutants, sont parmi nous, et que cela n'est pas nouveau d'ailleurs, et qu'ils sont le produit d'un bond dans l'évolution de l'espèce que personne n'avait vraiment prévu. Leur présence en dérange plus d'un, dont le sénateur Robert Kelly, politicien conservateur qui aimerait beaucoup coller une étoile jaune à tous les mutants, de peur que leurs pouvoirs ne viennent à menacer le reste de la population.

Dès le début du film, nous réalisons très vite que les mutants, en effet, sont bien parmi nous, et nous sommes invités à assister à la bataille que vont se livrer les Bons (sous la tutèle du professeur Charles Xavier) et les Méchants (c-à-d Magnéto, pas content du tout, et sa bande). Du côté des gentils, le film se concentre surtout sur Serval, dont le passé sombre et obscur ne manqera pas de nous faire une très bonne suite, la jeune Rogue, Jean Gray, Cyclope, Tornade et bien sûr, le professeur Xavier et son école pour jeunes mutants.

L'un des meilleurs atouts du film est d'avoir trouvé les acteurs idéaux pour incarner les super-héros/vilains de la célèbre bande dessinée. Patrick Stewart, en particulier, semble avoir été né pour jouer le professeur X (à moins que ce ne soit Stan Lee qui ait pensé à Stewart en dessinant Xavier), ainsi que l'australien Hugh Jackman qui campe un Serval vraiment impressionant - sans le costume jaune, mais avec des griffes toujours aussi acérées...

Je ne sais pas si le film plaira vraiment aux fans purs et durs de la BD, mais si vous venez de découvrir l'univers des X-Men ou si comme moi, vous êtes amateur sans être complètement accro (je lisais les Strange de mon grand frère quand j'étais petite et je ne comprenais pas tout...), vous devriez bien vous amuser. Après un début un peu lent, le film prend un rythme rapide et soutenu, il est visuellement impressionant, avec de bons acteurs et des effets spéciaux très sympas, et avec assez de questions laissées sans réponse pour faire une ou deux suites. Que demander de plus ?

Ne manquez pas non plus le site officiel : très classe.

Gone in Sixty Seconds (60 secondes chrono)

Bon... si vous avez vu la bande-annonce, vous savez déjà que ça parle de voitures. De grosses et belles balognes qui vont vite, et de voleurs de voitures qui ne sont pas vraiment méchant après tout, oh et aussi de la super musique... et qu'il y a Nick Cage et Angelina Jolie dedans. Ce qui devrait justifier l'achat du billet de ciné - achat qui, au fait, vous prendra plus de temps qu'ils ne leur en faudra pour voler... votre... voiture.

Alors soyons francs : on ne va pas voir une production Bruckenheimer pour les dialogues profonds et l'intrigue kafkaienne. Comme pour Rock, ou Armagedon, tout ce qu'on veut, c'est des acteurs célèbres (et si vous avez un peu de bol, ils seront même bons), des supers images, de l'action, toujours de l'action, des cascades, et du fun, encore du fun. Alors, si c'est pour toutes ces raisons que vous voulez voir celui-ci, vous ne serez pas déçu, parce que c'est fun. Et comme je le disais, vous aurez même Nicholas Cage et Angelina Jolie en prime.

Cage joue le rôle d'un ancien voleur de voitures (un très bon voleur de voitures) qui se voit obligé, après six années de retraite, de reprendre son ancienne profession pour sauver son jeune frère des griffes du méchant de service (qui est bien sûr anglais, encore que, pour une fois, c'est un Anglais du Nord, pas un Anglais chic). Memphis (Cage) a donc 3 jours pour voler 50 voitures triées sur le volet ou son frangin (joué par le frère de Phoebe dans Friends, d'ailleurs) y passe... alors il rassemble une équipe d'experts (parmi lesquels Jolie et Robert Duvall) et ils s'en vont voler des voitures, tout en étant surveillés de près par deux flics à qui on ne la fait pas et qui conduisent même une super caisse.

Et puis... c'est à peu près tout. Mais c'est bien fait, c'est marrant, et évite (enfin presque) les clichés sur l'amour fraternel... et vous aurez aussi droit à une super poursuite en voiture avec une Ford Mustang... un film pour les mecs, surtout, mais sympa quand même.

Site officiel à cette adresse, avec des conseils pour éviter de se faire tirer sa caisse. Mais pourquoi t'es allé acheter une BM aussi ??

High Fidelity

Rob Gordon (John Cusack), la trentaine bien sonnée, est un propriétaire d'un petit magasin de disques vinyl, obsédé de musique et d'amours perdus, et qui passe le plus clair de son temps à geindre sur ses ex - dont la dernière en date, Laura, qui vient de le larguer pour Ian (Tim Robins), un hippy New Age tout à fait grotesque qui, franchement, énerverait n'importe qui. Ça n'en a peut-être pas l'air comme ça, mais High Fidelity est en fait l'un des meilleurs films que j'ai vus cette année.

Réalisé par l'Anglais Stephen Frears et adapté d'un roman du même titre (roman que, je m'empresserais d'avouer, je n'ai pas lu), High Fidelity est un conte génial de rejet sentimental et de cool musique alternative, desservi par tout un groupe de personnages tous plus neurotiques les uns que les autres. Le film est signé par la même équipe qui nous avait offert il y a deux ou trois ans le fabuleux Grosse Pointe Blank, dont John Cusack tenait également la vedette. Ajoutez à cela sa soeur Joan (et je dois dire que j'irai voir ces deux-là dans n'importe quel film, même s'il s'agissait d'un remake tchèque de Showgirls) et d'excellents acteurs secondaires, depuis l'ex-copine d'apperance hyper cool mais en fait complètement bidon (Catherine Zeta-Jones) à ce dingue de Barry (Jack Black, le bon fils de Mars Attacks!), "l'employé" de Rob, et vous avez un film génial.

De très bons dialogues (sans parler des excellents top 5 disséminés dans tout le film), excellent scénario, monologues géniaux, acteurs fabuleux (après Grosse Pointe et John Malkovich, Cusack est en train de devenir mon acteur préféré)... High Fidelity est un petit bijou. Et Dieu sait que ça fait du bien, au coeur de l'été, de voir un film qui ne soit pas une grosse production hollywoodienne pour ados. Après tout, vous connaissez beaucoup de gens de moins de vingt ans qui savent qui est Marvin Gaye ??

Site officiel : plutôt sympa, ça ressemble au magasin de Rob dans le film... avec les trucs habituels, plus des sections sympas comme la page des Tops 5... mon préféré: le top 5 des jobs de rêve de Rob !

Frequency

Frequency est l'un de ces films qui ne vous impressionnent pas plus que ça au ciné, mais que vous reverrez de nombreuses fois avec plaisir à la télé dans quelques années. Frequency est un film fantastique, une histoire de voyage dans le temps, mais un peu différente : ici, personne ne voyage vraiment dans le temps, à part les ondes radio. Mais Frequency est également un thriller, mais là aussi un peu différent, et c'est qui rend le film intéressant.

Frank Sullivan (Dennis Quaid) est pompier dans Queens à New York en 1969. Il est un peu casse-cou sur les bords, mais vit une vie tranquille entouré de sa femme, son fils John, le base-ball, son boulot et ses copains. Trente ans plus tard, John Sullivan (Jim Caviezel) est le fils de Frank, un flic fatigué qui n'a jamais accepté la mort de son père dans un incendie alors qu'il n'avait que six ans. Une nuit d'automne, alors qu'une aurore boréale survole tranquillement la ville, tout comme elle l'avait fait trente ans plus tôt, John met la main sur la vieille radio à ondes courtes de son père et se met à discuter avec un étranger qui, lui aussi, vit dans Queens.

Comprenant très vite que l'homme auquel il parle n'est autre que son père, mais trente ans plus tôt, dans la même maison, John décide d'aider Frank à contrer les événements qui avaient causé sa mort à l'époque. Bon, alors, comme tous ceux qui ont vu au moins un film de voyage dans le temps le savent très bien, ce genre de choses se paient en général par la suite. Au moment où la vie de Frank ne prend pas fin dans cet incendie, l'histoire des trente dernières années se trouve réécrite, et la vie de John bouleversée, en un instant. Nous sommes en 1999, et Frank n'est pas mort dans un incedie en 69, mais les choses ne sont pas parfaites pour autant.

Après un début un peu lent, le film prend alors un virage sec et se transforme en histoire policière, dans laquelle John et Frank, pour protéger leur famille, doivent tenter de résoudre une affaire de meurtres en série, séparés par trois décennies. L'histoire n'est pas géniale, mais pour une histoire de voyage dans le temps, elle est plutôt bien fichue, et sans faille ; l'intrigue s'accélère après que Frank soit sorti indemne de l'incendie qui lui avait coûté la vie. Ensuite, à chaque tournant, le père doit surmonter un nouvel obstacle, et le fils assiste, impuissant, aux conséquences de leurs actions combinées. Et bien sûr, la fin est téléphonée, et un brin sentimentale, mais le film dans son ensemble est assez sympa pour faire oublier ce détail.

Site officiel à cette adresse : joli design avec des trucs marrants comme la section 'envoyez un message vers le passé'. Un peu bête, mais marrant.

Return To Me

OK, autant être franche : ce n'est pas Quand Harry Rencontre Sally. Ce n'est même pas Nuits Blanches à Seattle (quoique, certains en seront sans doute soulagés). Et pourtant, Return To Me n'est pas mal, pour une comédie romatique, et a au moins 'lavantage d'avoir à son bord de très bons acteurs (principaux et secondaires).

Bob Rueland (Duchovny - c'est-à-dire Mulder, pour ceux qui n'auraient pas bien tout suivi !!) est un architecte de renom - ou un truc dans ce genre, parce qu'il se promène souvent avec des plans sous le bras et porte un casque de chantier au boulot - marié à la très jolie et très intelligente Elizabeth (la britannique Joeley Richardson que décidemment, on voit partout ces derniers temps). Une nuit, ils finissent aux urgences, et Elizabeth meurt rapidement de ses blessures.

Pendant ce temps-là, Grace Briggs attend toujours une greffe de coeur, et ne va plus pouvoir attendre très longtemps. Pas besoin de vous faire un dessin sur ce qui va se passer ensuite. Tandis que la femme de Bob expire, l'attente prend fin pour Grace. Quelques temps après, ils se rencontrent dans le restaurant familial où travaille Grace (un resto italo-irlandais en plus ! Tellement bizarre qu'on a l'impression qu'il sort tout droit d'un roman de John Irving), et tombent amoureux. Bien sûr, Grace ne parle pas à Bob de sa greffe, ni du fait qu'elle est l'auteur de la lettre de remerciement qu'il a reçue pour pour le coeur de sa femme ; ok, ça fait un peu brusque comme ça, mais en fait, la lettre était plutôt émouvante et bien tournée.

Parce que voilà : malgré un script moyen et plutôt larmoyant, qui n'a vraiment rien d'original, le film est sympa et se laisse regarder. Et pour ça, je crois qu'on peut remercier les acteurs : Minnie Driver dans le rôle de Grace, entourée de sa famille un peu excentrique qui fait un penser aux films de Capra, et Duchovny, dont l'humour subtil et la douleur sincère rendent le personnage de Bob très touchant. Sans oublier la réalisatrice Bonnie Hunt (qui joue également la meilleure copine, rôle auquel elle est abonnée, depuis Only You jusqu'à Jerry McGuire - mais bon, elle le fait très bien, alors de quoi se plaint-on ?), et d'excellentes performances de la part de Jim Belushi et des vétérans Carroll O'Connor et Robert Loggia.

L'histoire est prévisible, pratiquement du début à la fin, et manque parfois cruellement d'originalité (le meilleur pote de Bob, le véto noir, ou encore les chansons de Sinatra et Dean Martin), mais le jeu des acteurs, parfois presque improvisé apporte une bouffée de fraîcheur au film. Au bout du compte, on a l'impression de se retrouver à une fête de famille ou une réunion d'anciens élèves. Ça aurait pu être pire.

Site officiel à cette adresse. Casse pas trois pattes à un canard, mais bon...

Saving Grace

Grace Trevathan est une femme au foyer vivant dans un tranquille petit village de pêcheurs, quelque part en Cornouailles, et qui a consacré sa vie à son mari et à ses orchidées. Le film débute lorsque Grace, soudainement veuve, se retrouve seule dans leur magnifique veille demeure, sa superbe serre pleine d'orchidées, et face à une montagne de dettes créée par les investissements mal avisés de son défunt époux.

Démunie et pourchassée par les créditeurs, Grace se désespère, jusqu'à ce que son jeune jardinier Matthew lui demande de l'aider à sauver les plantes qu'il fait pousser dans le jardin du vicaire - pour sa consommation personnelle, et celle de quelques-uns de ses amis. Grace accepte de l'aider, et ramène une pauvre plante mourante à la vie dans sa serre. Ce qui lui fait penser que peut-être ses doigts verts pourraient la sauver de la ruine et lui permettre de garder sa maison. Bien décidée à sauter sur cette occasion, Grace convainc alors Matthew (qui se laisse convaincre très facilement, il faut bien le dire) de faire de cette idée une opération de grande envergure.

L'histoire n'est pas sans rappeler l'excellent Waking Ned dans lequel toute une communauté ignore avec complaisance la loi et ses principes moraux pour la bonne cause. Ici, pratiquement tout le village (y compris les personnages les plus inattendus) connaît l'existence du petit projet de Grace mais fait comme si de rien n'était et préfère admirer le spectacle de sa serre qui illumine le ciel tous les soirs. Bien sûr, Saving Grace n'est pas Train Spotting : en choisissant le cannabis au lieu du crack, et en faisant de son héroïne une femme d'âge mûr BCBG, le réalisateur Nigel Cole s'assure de ne pas trop choquer le spectateur moyen. Après tout, tout ce qui risque de vous arriver si vous fumez un joint, c'est que vous allez vous mettre à glousser bêtement... et puis ce n'est pas comme si Grace avait le choix - c'est toujours mieux que de faire un hold-up. Et ça marche plutôt bien, en fait, surtout grâce au talent de Brenda Blethyn et à des extraordinaires personnages secondaires qui sont tour à tour inquiets, amusés ou ignorent carrément ce qui se passe dans la serre de Grace.

Le film perd un peu de son charme vers la fin lorsque Grace doit se rendre à Londres pour trouver un dealer et lui vendre sa récolte; on nous rappelle alors que l'entreprise de Grace n'est pas seulement illégale, mais dangereuse. Bien sûr, même le méchant de l'histoire (campé par Tchéky Karyo) n'est pas si méchant que ça, et le film se termine dans un nuage de fumé magique et une fin abrupte et un peu étrange. Je ne suis pas certaine que tout cela passera bien dans les milieux les plus conservateurs, mais dans l'ensemble, c'est un film sympa, bien qu'un peu inégal.

Final Destination (Destination finale)

Si vous êtes fan des X-Files, le nom de James Wong ne vous est sans doute pas inconnu. Wong et son comparse Glen Morgan nous ont en effet offert certains des meilleurs épisodes de la série, avant de se lancer dans leur propre création (le bref mais bon Space: Above and Beyond), et de se pencher également de près sur la seconde saison de l'excellent Millennium.

Cette fois-ci, ils passent au grand écran et Wong (qui signe la réalisation de Final Destination ainsi que son scénario en collaboration avec Morgan) nous offre un film d'horreur pour ados pas tout à fait comme les autres et au parfum très X-Filien.

Ici, pas besoin de vous creuser la cervelle pendant tout le film pour essayer de deviner qui parmi les personnages principaux est le tueur fou... parce qu'il n'y en a pas. Ce qui n'empêche pas le nombre de morts d'être élevé.

L'histoire débute lorsqu'Alex et ses copains de classe sont sur le point s'envoler vers la France pour un voyage de fin d'année... mais voilà qu'Alex a des visions et assiste à l'explosion de l'appareil - dans ce qui doit être la scène de crash la plus terrifiante jamais tournée. Après ça, et on ne peut pas vraiment lui en vouloir, Alex ne veut pas rester à bord. Il le crie au haut et fort et bientôt, lui et 5 autres personnes du groupe se font jeter de l'avion - quelques minutes avant que l'appareil n'explose en plein ciel.

A partir de là, rien ne va plus. A tel point qu'Alex et ses copains commencent à penser que quelqu'un, ou plutôt quelque chose, n'en a pas encore terminé avec les survivants du vol 180 qui ont, après tout, trompé la mort. Et la mort ne l'a pas vraiment bien pris.

Alors oui, bien sûr, les personnages meurent les uns après les autres, et on peut plus ou moins deviner qui va survivre à la fin (ce sont les règles du jeu après tout... vous n'avez pas vu Scream ou quoi ?), et les acteurs ne jouent pas tous très bien, mais le scénario est vraiment malin et les scènes de mort sont très bien fichues. Le film en lui-même ne fait pas vraiment peur, mais il vous fera sursauter plus d'une fois et retenir votre souffle tout au long d'une excellente scène où s'entrecroisent bouilloires, cuisinières, vodka, et ordinateurs. Tout cela est très morbide, mais tant que vous ne le prenez pas au sérieux, tout se passera bien. (Vous pouvez aussi aller faire un tour sur le site officiel du film... très morbide lui aussi... il vous donnera même l'heure exacte de votre mort... charmant.)

Gladiator

Personne ne fait plus de bons vieux péplums comme dans le temps. J'ai toujours été une fan inconditionnelle de Spartacus, Quo Vadis ou Ben-Hur, et je ne pouvais donc que me réjouir d'assister à la renaissance du genre. Et Dieu merci, Ridley Scott a fait du bon boulot, et les 100 millions de dollars de son budget ont été bien dépensés.

Au cas où vous vous poseriez la question, Gladiator raconte l'histoire du général préféré de Marc Aurèle, le héros de guerre Maximus qui, après l'assassinat de l'empereur aux mains de son dingue de fils Commodorus, est condamné à mort. Maximus s'échappe de justesse (il est plein de ressources et plutôt bon une épée à la main), mais finit par être capturé par un marchand d'esclaves et vendu à Proximo, un ex-gladiateur devenu "agent" de gladiateurs.

Maximus s'en fout un peu, mais il suffit de lui mettre une épée dans les mains, et il se sent obligé de s'en servir... et voilà qu'il se retrouve bientôt au Colisée, à se battre dans l'arène devant le nouvel empereur qui trouve que le slogan "du pain et des jeux" devrait détourner l'attention du peuple pendant qu'il se débarrasse du sénat. Mais voilà, Maximus n'est pas du même avis...

Je ne suis pas certaine que l'intrigue politique entourant le périple de Maximus est historiquement correcte, mais elle aurait sans doute mérité qu'on s'y attarde un peu plus. Mais tant pis, parce que le film est fantastique, avec un vrai méchant bien infâme, et un vrai héros, admirablement interprété par Russel Crowe. Mention spéciale également pour Connie Nielsen, dans le rôle de la soeur de l'empereur, qui campe un très bon personnage féminin - ce qui fait en général cruellement défaut dans ce genre de films. Et bien entendu, mention encore plus spéciale à Ridley Scott qui met en scène des scènes de batailles extraordinaires (dans et hors des arènes) et utlise pour cela une technique qui rappelle celle dont Steven Spielberg se servait dans Il Faut Sauver le Soldat Ryan.

Le film en fait parfois - ok, souvent - un peu trop, mais après tout, c'est un péplum... à quoi vous attendiez-vous ? Et Ridley Scott a fait de l'excellent travail. A ne pas manquer. (A voir aussi le site officiel où vous trouverez des photos sympas.)